Les classes de secondes découvrent Loriane Wagner et son spectacle : « Empreintes »

Les élèves de quatre classes de seconde se sont rendus à Cornèze, pour assister au spectacle
proposé par le « Théâtre dans les Vignes » et la compagnie de danse « Portes Sud », le 08
octobre 2021.
L'artiste Loriane Wagner est attachée au temps de « l’échange », avant et après le spectacle ; c'est ce
qui transparaît lorsque l'on se penche sur l'interview publiée sur la page Facebook du théâtre. L’
artiste questionne la place de « l'empreinte », laissée par l’homme, sur la planète. En amont de cette
création, elle rappelle qu'elle est danseuse et qu'elle offre, ici, sa première chorégraphie. Avec cet
objectif en tête, elle a rencontré, en amont, un anthropologue, JL Simonin, qui travaille sur
l'anthropocène (époque géologique marquée par l’avènement des hommes comme force de
changement, sur terre) pour préparer au mieux son spectacle.
Pour sa première chorégraphie, elle se dit attachée à « la notion de choix, car tout est possible « et
monter une chorégraphie » est un acte exigeant, car les choix « déterminent le spectacle ». Elle se sait
privilégiée de pouvoir danser en solo, mais souligne aussi combien le recul face à son spectacle lui
manque, d'où le recours à des assistants. Le thème de l'écologie auquel elle recourt, lui semble
propice à « faire vivre les émotions qu'elle souhaite partager avec le public ». C'est ainsi que ce
qu'elle propose aux élèves, s'inscrit aussi dans une démarche stratégique pour les amener vers le
théâtre, qui pourrait alors s'inscrire dans leur quotidien.


Nos élèves ont su profiter de l'Après Spectacle, alors que Loriane Wagner a invité le jeune public à la
questionner et donc à échanger. La mise en scène originale et le solo, proposés, les ont interpellés. La
musique et l'introduction d'un appareil numérique qui filme le solo, en temps réel, a aussi eu un effet
démultiplicateur de la vision du corps, alors que le maquillage clownesque s’effaçait fermement, au
fur et à mesure que le spectacle se déroulait.
L'artiste se dépouillerait-elle pour cheminer vers l'essentiel ? La poésie ? Le pays des émotions ? Les
grilles d'interprétation soulevées par les élèves sont multiples : se débarrasser de la pression sociale et
retourner à des chemins originels. Enfin la troisième et dernière scène offre d’ailleurs une artiste
débarrassée de ses oripeaux, dans la nudité d'un corps qui reçoit un filet de terre, qui tombe des
coulisses du théâtre, et cela avec une économie de mouvements, réduite à l'essentiel, avec une main
qui se meut lentement dans l'espace et un pas sur le côté, esquissé en douceur. Son visage retrouve
alors, sa fonction d'expressivité, parfois en retrait, dans cet art qu'est la danse. Alors, la musique se
tait, car seul le souffle de l'artiste et le bruit de la terre affleurant la scène, deviennent rythme, et
succèdent aux accents jazzy, avec une voix chantant en anglais, qui semble sortie de chants des
plaintes et supplications du gospel. Cette voix, avant que la scène ne devienne silencieuse, appelle à
un meilleur futur, à l'amour et mentionne le soleil. C'est bien un spectacle « d'empreintes » qui nous a
été offert de découvrir.
Cette représentation a été préparée en amont par la compagnie Portes Sud et les élèves avaient déjà
participé à des ateliers chorégraphiques avec Loriane Wagner, au sein du lycée, afin de prendre
conscience du rapport entre le corps et l’espace. Ils ont aussi pu échanger avec Laurence Wagner,
metteure en scène, sur le rôle et la place du spectateur dans la société. Sincères remerciements aux
élèves, pour leur comportement exemplaire ; à Madame Trougnou et à l'équipe de professeurs
accompagnateurs, sans oublier Loriane Wagner, de la compagnie Portes Sud et un acteur principal, le
Théâtre des Vignes de Cornèze.

Michel Lajou

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